Smartphones, IA et 5G : comment le Finistère réinvente l’entretien des routes
Publié le : 14/04/2026

5mn de lecture
Grâce à un smartphone embarqué, une intelligence artificielle et la 5G d’Orange, le département du Finistère expérimente une nouvelle manière de surveiller l’état de ses routes. Une cartographie fine, en temps réel, qui promet une maintenance plus préventive, plus objective et plus efficace, sur un territoire durement exposé aux intempéries.
Crédits vidéo : Orange, vialytics
Le département du Finistère a expérimenté la 5G

Secteur d’activités
Infrastructures routières et de maintenance des routes

Besoins de l’entreprise
Disposer d’un système précis, rapide et automatisé pour surveiller l’état des routes en temps réel, afin d’anticiper les dégradations et optimiser la maintenance.

Solutions
Une combinaison de smartphones embarqués, d’intelligence artificielle et de la connectivité 5G pour analyser et cartographier l’état des routes en continu, avec transmission instantanée des données.

Atouts de la 5G
Transmission massive de données en mobilité, en temps réel, permettant une surveillance continue, fiable et sans interruption, même dans des zones isolées ou difficiles d’accès.
Dans le Finistère, l’IA et la 5G passent les routes au scanner
Un territoire en première ligne
Vent, embruns, pluies répétées : dans le Finistère, l’usure du réseau routier est rapide et parfois invisible à l’œil nu. Longtemps, son suivi a reposé sur des inspections humaines, coûteuses et parfois imprécises… Jusqu’à ce que le département décide de tester une autre approche. En associant la solution vialytics, spécialiste de l’analyse automatisée de l’état des chaussées, et la 5G d’Orange, le Finistère expérimente une nouvelle chaîne de surveillance, où intelligence artificielle, smartphone embarqué et 5G travaillent de concert.
L’objectif ? Cartographier précisément l’ensemble du réseau routier, et passer d’un contrôle ponctuel à une surveillance continue, plus fiable et plus réactive.
Le but, c’est que le département puisse avoir, le plus facilement possible, un véritable état de santé de son réseau routier », résume Jean-Jacques Gaouyer, Directeur innovation Bretagne-Pays de Loire chez Orange. « L’enjeu, c’est d’abord d’assurer la sécurité des personnes. Un nid-de-poule peut vite devenir très dangereux, en ville comme en milieu rural.

Surveillance fine, décisions éclairées
Concrètement, l’expérimentation repose sur un dispositif volontairement minimaliste. Un smartphone – obligatoire (avec ou sans carte sim) – embarqué dans le véhicule et une application dédiée. En roulant à vitesse modérée, le smartphone capture une image HD de la voirie tous les quatre mètres, et les données, grâce à la connexion en 5G (ici via une Airbox 5G Orange) sont immédiatement transmises vers le cloud, où une intelligence artificielle les analyse.
On collecte des milliers de photos, automatiquement, sans intervention humaine », explique Hervé Villemagne, directeur commercial France de vialytics. « L’algorithme classe les dégradations, les pondère et restitue ensuite une cartographie très lisible : vert quand la chaussée est saine, rouge quand elle est dégradée, avec les images consultables dans le détail.
Pour les équipes du département, la différence est nette.
La voiture roule, filme l’intégralité du linéaire routier, et l’IA renvoie un diagnostic clair », confirme Éric Jousseaume, maire de l’Île-Tudy, dans la pointe sud du Finistère. « Ça permet d’identifier rapidement les zones les plus vulnérables et de prioriser ». Fissures, affaissements, nids-de-poule : l’algorithme reconnaît immédiatement les principales dégradations et offre un vrai outil d’aide à la décision. « Cela permet de gagner un temps considérable » souligne-t-il.
Mais au-delà du gain de temps, l’expérimentation marque aussi un changement de méthode.
Avant, le diagnostic reposait sur le regard des agents. Et forcément, chacun a sa sensibilité », observe Hervé Villemagne. « Là, on introduit un facteur d’objectivité. L’algorithme fonctionne partout de la même façon, et les décisions sont prises sur des données précises.
Une base commune qui permet à la collectivité de mieux prioriser ses interventions, d’estimer les coûts et d’anticiper les travaux, plutôt que de gérer l’urgence.

La 5G comme condition de possibilité
Et si la promesse de l’expérimentation est séduisante, elle repose avant tout sur un prérequis technique majeur : la capacité à transmettre un volume massif de données, en mobilité, sur un temps court. C’est là que la 5G devient décisive.
On avait besoin d’un flux de données important, envoyé depuis n’importe où sur le terrain », raconte Éric Jousseaume. « Avant la solution 5G, les agents devaient apporter leur smartphone sur un centre d’exploitation, attendre le transfert des données, puis revenir le lendemain matin. On était dans une impasse technologique très contraignante.
Avec la 5G, ce verrou saute : les images sont transmises en continu, directement depuis la voiture.
On parle de traitement d’images avec des équipements très compacts, embarqués dans un véhicule en mouvement », rappelle Jean-Jacques Gaouyer. L’enjeu : que la captation et la retransmission reflètent fidèlement la réalité du terrain
La condition sine qua non, c’était la couverture réseau. Et elle était suffisante pour que les résultats soient exploitables sur tout le territoire », souligne Éric Jousseaume
Une performance clé dans un département étendu, où les routes côtières alternent zones urbaines, rurales et parfois isolées.
Deuxième condition : la simplicité d’utilisation.
L’idée, c’était que la solution soit le plus fluide possible », insiste Jean-Jacques Gaouyer. Une fois l’équipement connecté, elle se prend en main immédiatement et ne complique pas le quotidien des agents
On n’avait pas besoin de former longuement les équipes », confirme Éric Jousseaume. « Elles ont surtout gagné en confort de travail et en fiabilité des informations


Et demain ?
Pour vialytics, l’expérimentation ne s’arrête pas au simple diagnostic.
On travaille désormais sur de l’analyse prédictive et de la recommandation automatisée de travaux », indique Hervé Villemagne. «L’idée, c’est de devenir prescripteur de solutions, pas seulement observateur.
Du côté d’Orange, les perspectives dépassent largement la voirie :
On peut imaginer le même dispositif sur l’état de santé de bâtiments publics, de parcs hydroliens, éoliens ou solaires, qui sont difficiles à contrôler aujourd’hui », projette Jean-Jacques Gaouyer. « On pourrait inspecter ces endroits via des drones connectés en 5G.
D’ici là, cette expérimentation qui a duré quelques semaines et qui est à présent terminée, a permis d’explorer une voie potentielle : celle d’une surveillance continue de la voirie, où la 5G et l’IA pourraient, à terme, jouer un rôle discret mais structurant dans l’action publique. Une innovation à bas bruit, mais à fort impact, sur des routes que tout le monde emprunte, souvent sans les regarder.

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